Les étudiants chirurgiens apprendraient deux fois mieux en réalité virtuelle d'après une étude

Les résultats d’une étude pilote réalisée par l’école de médecine de l’Université de Californie à Los Angeles indiquent que la formation en réalité virtuelle permettrait un meilleur apprentissage, qui se traduirait par une qualité d’exécution deux fois supérieure, des opérations plus rapides, et une meilleure rétention dans le temps.

L’un des cas usages les plus courants pour la réalité virtuelle en entreprise est la formation. L’utilisation de casques VR permet dans de très nombreux cas d’apprendre plus vite, d’être exposé à plus de situations différentes, de mieux retenir les informations, et tout ça pour un prix rarement supérieur à celui des programmes de formation classiques. Pour autant, obtenir des chiffres précis sur les gains qu’apportent la technologie peut s’avérer difficile.

Les étudiants apprennenet deux fois mieux en Réalité Augmentée

Une étude pilote réalisée par l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) en partenariat avec la start-up Osso VR s’est justement attachée à quantifier ces gains pour la chirurgie orthopédique. Elle a été effectuée en 2018 sur un groupe d’étudiants de l’école de médecine David Geffen, et a été présentée officiellement le 31 juillet 2019 lors du rassemblement annuel des chirurgiens orthopédiques membres de la Western Orthopaedic Association. Il en ressort que les étudiants formés en réalité virtuelle obtiennent des résultats plus de deux fois supérieurs à ceux des étudiants suivant le cursus classique.

L’étude a été réalisée sur 20 étudiants en première et deuxième année de médecine. Il leur a été demandé d’opérer une fracture du tibia en posant un clou intramédullaire. Cela requiert de faire une incision, d’insérer un guide pour avoir le bon angle, de fraiser l’os avec une perceuse, de préparer le clou et de l’insérer, de le maintenir en place à l’aide de plusieurs vis, puis de recoudre la plaie.

Ils ont reçu une explication de 5 minutes sur l’utilisation de la perceuse, puis ont été divisés en deux groupes de 10. Le premier groupe a reçu une documentation papier agrémentée de photos et d’instructions étape par étape, et le second a reçu des instructions similaires mais prodiguée en réalité virtuelle par un module de formation de la start-up californienne Osso VR. Les étudiants on pu prendre autant de temps qu’ils le voulaient pour absorber les instructions, puis sont passés dans une salle annexe pour mettre la leçon en pratique sur une reconstitution partielle d’un squelette. Ils ont ensuite répété la même procédure deux semaines plus tard, sans avoir accès aux instructions.

Une meilleure rétention de l’information dans le temps

Les étudiants ont été notés sur deux axes : l’exécution correcte de chaque étape de l’opération, et leur dextérité pour le maniement des outils ainsi que le temps de réalisation. Pour pratiquement chaque aspect de ces deux barèmes, la formation en réalité virtuelle a donné de meilleurs résultats que la méthode classique. L’amélioration était particulièrement importante pour les étapes les plus délicates, comme la préparation du clou, ainsi que pour le maniement des outils. L’opération s’est aussi déroulée 20% plus vite en moyenne. Par ailleurs, lors de la deuxième opération, les étudiants formés en VR ont tous amélioré leurs performances tandis que les autres ont eu tendance à décliner. L’évaluateur ne savait quels étudiants avaient été formés par quelle méthode.

Si ces résultats sont impressionnants, il faut noter que l’étude n’a pas été publiée dans son intégralité, qu’elle ne concerne qu’un petit échantillon d’étudiants, et qu’elle n’a pas été validée par un comité de lecture. Par ailleurs, UCLA et Osso VR entretiennent des relations étroites : Justin Barad, fondateur et CEO de la start-up, y a fait ses études, et le Conseil scientifique de la jeune pousse compte deux personnalités de l’université. Cela reste néanmoins encourageant. Osso VR a annoncé fin juillet que sa solution était utilisée par plus de 1000 chirurgiens chaque mois, dans une vingtaine d’hôpitaux répartis dans 11 pays. Et d’autres entreprises développant des solutions concurrentes connaissent aussi un bel essor, comme le Britannique FundamentalVR, qui est partenaire de la prestigieuse Mayo Clinic, ou le Bordelais SimforHealth.

Un complément aux méthodes traditionnelles

Cet intérêt du monde médical pour la formation en réalité virtuelle vient de la difficulté de se former à la chirurgie, métier manuel qui demande d’importantes connaissances et pour lesquels les enjeux sont toujours importants. En l’occurrence, si la réparation d’une fracture du tibia n’est pas la plus complexe en orthopédie, elle nécessite d’utiliser plusieurs outils qui limitent les opportunités de la pratiquer sur des cadavres (rares et coûteux).

Dans les faits, les chirurgiens ne peuvent souvent compter que sur leur internat pour se confronter à ces opérations, sous la supervision de leur mentor et en ne réalisant généralement qu’une partie de la procédure. La réalité virtuelle permet d’acquérir seul un socle de connaissance et de mémoire gestuelle et procédurale en amont des opérations sur les patients et en complément des méthodes traditionnelles. Et son intérêt est d’autant plus grand lorsque l’opération est peu courante, même pour un praticien confirmé.mulée lorsque vous créez un récit pour vos cours eLearning. Profitez-en tant que celle-ci ne prend pas le dessus sur la structure du récit.

Article de Julien BERGOUNHOUX / www.usine-digitale.fr

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