Design Sprint.

Comment faire de l'apprentissage une expérience mémorable?

La technologie progresse à une vitesse vertigineuse. La concurrence est plus féroce que jamais et les clients exigent de votre produit une expérience toujours plus qualitative pour garantir leur fidélité.
Les entreprises savent qu’elles doivent devenir plus agiles et rester à l’écoute de leurs marchés pour prendre de l’avance. Mais comment les plus performantes s’y prennent-elles ? Pour beaucoup, la réponse tient en deux mots. Design Sprint.

1. Qu’est-ce que le Design Sprint ?

Conçue pour les start-ups, le processus de création Design Sprint est de plus en plus utilisé par l’ensemble des dirigeants et entrepreneurs quelle que soit la taille et le type d’entreprise. Certains freelance ou restaurateurs l’utilisent par exemple pour créer leur site internet, tester une nouvelle offre produit ou développer un service de livraison à domicile.
Le Design Sprint se distingue des autres méthodes comme le Design Thinking ou le Lean-startup par la contrainte temporelle qu’il impose et l’absence d’itérations. L’idée novatrice du Design Sprint cherche en priorité à limiter les risques et les incertitudes liés à l’innovation.
5 jours, telle est la durée prévue initialement pour obtenir un premier prototype d’un produit et les retours d’expérience des utilisateurs.
Pour y parvenir, cette méthode mélange différentes techniques d’idéation, de stratégie business, et de conception centrée vers l’utilisateur (en anglais : “user centered design”).

2. D’où vient le Design Sprint ?

Cette méthodologie est apparue en 2008 sous l’impulsion de trois collaborateurs de Google, Jake Knapp, en partenariat avec Braden Kowitz ( Product Designer et Co-fondateur de Range) et John Zeratsky (Investisseur, Designer et Auteur). Jake Knapp a été employé par Microsoft et Google, puis a intégré Google Ventures, plateforme d’investissements dédiée aux nouvelles technologies de Google. Inspiré par le Design Thinking d’IDEO et l’approche Agile utilisée dans la Silicon Valley, Jake Knapp élabore le processus d’innovation du Design Sprint, parfois appelé Google Design Sprint.

Mais ce n’est qu’en 2016 que cette approche est devenue populaire dans le monde du design de produit et de l’UXUser experience ”. Inspiré de la méthode agile, le lean startup et surtout le design thinking, le design sprint englobe l’innovation, la créativité et l’efficacité. Cette méthode est une évolution puissante du Design Thinking en réponse au défi des entreprises en pleine transformation numérique.

Jake Knapp définit le design sprint ainsi
“Le sprint est le processus unique de Google Venture pour répondre à des questions cruciales en construisant des prototypes et en testant les idées avec les clients. C’est une pure merveille en terme de stratégie d’entreprise, d’innovation, de science comportementale, de design, et plus encore. Le tout concentré dans un processus de 5 jours, étape par étape, que n’importe quelle équipe peut utiliser. ”

3. Quelle est la différence entre le Design Thinking et le Design Sprint ?

En vérité, le design thinking et le design sprint ne sont pas si différents, ce ne sont pas deux aspects qui s’opposent.
Le design thinking, c’est une approche, une façon de fonctionner : celle du design. Un processus de création qui place l’utilisateur final au centre du produit ou service que l’on construit. Pour cela, les designers utilisent tout un tas de techniques : création de personas, réalisation de tests par itérations et de recherches utilisateurs, pour arriver à réaliser un prototype adapté à l’humain.
Le design sprint, c’est une méthode d’innovation. Elle permet d’appliquer cette approche, étapes par étapes, de façon condensée, en se servant de la contrainte temporelle comme atout. Elle permet de concentrer l’intelligence collective d’une équipe sur un temps imparti, en utilisant les principes du design thinking. L’équipe doit être organisée et la communication fluide pour réaliser un design sprint en seulement 5 jours.
Le design sprint repose donc sur la méthodologie du design thinking, appliquée dans un contexte particulier d’idéation à durée limitée. ‍
Pour faire simple : un sprint est un processus concentré de la méthode d’innovation du designer : le design thinking. ‍

4. Pourquoi utiliser la méthode du Design Sprint ?

Le design sprint est une méthode de design et de conception très réputée. Elle doit sa popularité à sa facilité de compréhension et de mise en place. Les avantages du Design Sprint sont les suivants :
  • Pour obtenir un résultat immédiat.
  • Pour tester le potentiel d’un concept sans avoir à investir dans le développement.
  • Afin de stimuler la créativité et exploiter les meilleures idées.
  • Cela permet aussi de limiter les risques.
  • Il est possible de réorienter le projet si nécessaire.
  • Cela permet de maximiser le retour sur investissement.
  • Enfin, ces avantages incitent les investisseurs de financer le projet.
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5. A qui s'adresse la méthodologie du Design Sprint ?

A la base, le design sprint, contrairement au design thinking, était une méthode réservée au start-ups, aux petites entreprises en recherche d’innovation et de nouvelles idées. Cette méthode est en fait efficace pour démarrer et tester une idée de la meilleure des manières. L’objectif est d’avoir un processus encadré par un délai, afin de ne prendre aucun risque dans le développement et d’avoir des retours rapides.
Mais aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises et d’indépendants utilisent cette méthode pour leurs propres projets. On retrouve parmi eux des designers freelance, des agences, des PME, etc. Cette méthodologie est utile dans la mesure où vous souhaitez tester rapidement une idée sans pour autant investir lourdement dans celle-ci.
Elle n’est donc pas idéale pour les projets qui demandent de la recherche UX sur le terrain comme des interviews et différents tests utilisateurs qui demandent plus de temps. La seule recherche dans le design sprint se trouve sur le dernier jour, avec la phase de test, où vous pourrez avoir les retours des utilisateurs.

6. Quelle équipe pour utiliser la méthode du Design sprint ?

Dans un premier temps, la méthode du Design Sprint ne peut pas être gérée à l’aide d’une personne où d’une équipe non qualifiée.
Outre la limite du temps pour accroître la créativité, l’autre contrainte du Design Sprint concerne les participants impliqués dans le Sprint. L’équipe doit être pluridisciplinaire et composée de 4 à 7 personnes au maximum, par exemple :
  • Le décideur, souvent expert métier. Sa mission principale est de trancher s’il y a désaccord dans le groupe ;
  • Le facilitateur ou sprint master. Il gère l’organisation, le timing, anime, synthétise les idées ;
  • La personne représentant la vision du produit souvent issue de l’équipe Marketing ;
  • L’individu incarnant la vision du client, par exemple en charge du service après-vente (SAV) ;
  • L’ingénieur parce qu’il sait juger de la faisabilité technique ;
  • L’intervieweur ou celui qui conduit les tests utilisateurs ;
  • Le designer, créatif et responsable du prototype.
Les profils peuvent varier selon le projet. L’important reste de bénéficier de plusieurs domaines d’expertises tout en restant peu nombreux afin de gagner en efficacité.

7. Quelles sont les étapes du Design Sprint ?

Cette méthode se déroule sur le même modèle que celui du Design Thinking. On perçoit 2 grandes phases divergentes et convergentes. Le Design Thinking « s’ouvre par une phase de compréhension et de définition du problème à résoudre, prend de la vitesse avec des activités d’idéation et de décision pour aboutir au prototypage afin de tester les solutions retenues, et décélère avec la priorisation finale des équipes.
C’est un outil qui contribue à créer une culture d’entreprise axée sur la créativité, l’ouverture d’esprit, l’autonomie, la conscience, l’égalité et l’empathie. C’est un état d’esprit complémentaire de la méthode de développement agile.
Le Design Sprint est un processus d’une semaine avec pour chaque jour un objectif bien clair. Voici donc les différentes étapes du Design Sprint.

Jour 1 (lundi) : Comprendre

Poser la problématique : challenges à relever, empathie avec les utilisateurs cibles, problème majeur à résoudre…

Avant toute chose, il est important de définir quels sont les objectifs à atteindre pour que toute l’équipe marche vers la même direction.
Cette première étape consiste à comprendre quels sont les problématiques qui existent concernant le projet. Cela passe par de la recherche sur vos utilisateurs notamment.
Cela peut s’apparenter à l’UX research. Le but ici est de comprendre le plus possible quels sont les utilisateurs concernés.
Posez-vous les bonnes questions :
  • Quels sont leur objectifs ?
  • Quelles sont leurs données démographiques ?
  • Quels sont leurs désires ?
  • Quelles sont leurs peurs ?
  • Quelles sont leur motivations ?
  • Dans quel secteur d’activité sont-ils ?
Réunissez avec votre équipe donc toutes les observations faites. Récoltez le plus de données quantitatives et qualitatives possibles. Appuyez-vous pour cela du parcours clients type concernant le produit et des différentes techniques de personas.
Le but finalement est de déterminer exactement quel cible vous allez traiter au cours de la semaine et quelles sont les problématiques sur lesquelles se concentrer. Le décideur doit donc en fin de journée sélectionner un client type et une problématique précise concernant un événement du parcours d’achat.

Jour 2 (mardi) : Diverger

Chercher ensemble toutes les solutions imaginables. Dessiner les solutions (Sketch).

Suite à la journée de recherche et d’établissement de la cible et du problème à résoudre, il est temps de commencer à chercher des potentielles solutions. Ici, nous sommes un peu dans une phase de brouillon où tout le monde réfléchit à des idées plus ou moins innovantes.
Pas besoin de précision, le but est de générer le plus d’idées grossières possibles au départ. Avec un travail d’équipe organisé, les différentes idées générées vont commencer à former des idées de plus en plus précises et concrètes. Le but final est d’arriver à des croquis de solution convaincants pour passer aux étapes suivantes.

Jour 3 (mercredi) : Décider

Sélectionner la meilleure solution sous forme de votes.

Le mercredi, vous aurez suite au travail de brouillon, de multiples solutions de disponibles. Sachant que vous en avez généré beaucoup pour maximiser les chances d’avoir de bonnes solutions, il faut maintenant trier ces solutions afin de choisir et de sélectionner la solution qui semble la plus cohérente.
Avec votre équipe, vous allez pouvoir suivre un petit processus afin de sélectionner correctement la solution :
  1. Etape 1 : Afficher tous les croquis de solution sur un tableau ou à plat sur une table afin d’avoir une vue d’ensemble. Les croquis sont bien sûr anonymes pour mettre sur un même pied d’égalité tous les membres de l’équipe.
  2. Etape 2 : Ensuite, chaque membre de l’équipe attribue une note. Cela peut se faire avec des autocollants verts, oranges et rouges.
  3. Etape 3 : Pour être plus précis, chaque membre de l’équipe sélectionne un croquis qui ne lui appartient pas et le parcours de sorte à aller plus en détail dans la compréhension de la solution. Là aussi, des autocollants peuvent être utilisés pour évaluer la solution.
  4. Etape 4 : Pour finir avec les votes, chaque membre de l’équipe vote une fois pour une seule solution et justifie son choix.
  5. Etape 5 : Enfin, le décideur vote et choisit donc quelle est la meilleure solution selon les votes des membres de l’équipe.
Une fois que l’équipe est au clair sur la solution à aborder, vous pouvez mettre au propre la solution en question. Vous pouvez par exemples, créer un storyboard sur un tableau blanc représentant le parcours utilisateur avec une description des étapes de la solution.

Jour 4 (jeudi) : Prototyper

Construire le prototype de la solution. L’objectif est d’avoir un POC (proof of concept, preuve de concept) suffisamment réaliste.

Le prototype a pour but de mettre en forme la solution imaginée par l’équipe. Avec le storyboard que vous avez créé, vous allez pouvoir élaborer un prototype qui correspond à la solution imaginée par votre équipe. Ce prototype doit être assez réaliste pour pouvoir être ensuite testé par de réels utilisateurs. Rien ne sert donc de le perfectionner à 100%.
Pour cela, vous pouvez utiliser des outils comme Sketch, Figma ou Adobe XD afin d’élaborer des prototypes assez facilement, sans pour autant passer du temps pour le perfectionner. Votre prototype doit donc être complet et doit contenir les éléments suivants:
  • Un design UI convenable Des images cohérente.
  • Un contenu texte en rapport avec la solution apportée.
  • Une bibliothèque de composants réutilisables, pour être plus flexible.
  • Un script d’entrevue pour les entretiens avec les clients vendredi.

Jour 5 (vendredi) Tester

Recueillir les impressions des utilisateurs.

Après avoir créé un prototype réaliste, il faut le faire tester par des utilisateurs. Ce jour-ci, il est important de mettre en place des tests utilisateur complets où vous interrogez les clients, leur donnez des tâches bien précises à faire et un scénario à suivre.
Dans le cas du Design Sprint, rien ne sert d’aller au delà de 5 utilisateurs pour tester le produit. D’après le modèle Nielsen, avec 5 utilisateurs, vous aurez déjà identifié 85% des problèmes. Vous allez donc surement perdre du temps et vous attarder sur des détails si vous recruter plus d’utilisateurs.
Le but est donc d’observer attentivement les différentes sessions des utilisateurs testant votre produit. Vous pourrez par la suite re-visionner ces enregistrements pour faire un point avec votre équipe pour mettre en commun les observations.
L’utilisation d’un tableau est encore une fois possible. Vous pouvez ranger par colonne les observations en fonction des prénoms des utilisateurs, du type de remarque, etc.

Mot de la fin.

Le design sprint est une méthode très efficace permettant d’identifier et de concevoir des solutions à quasiment tous types de problématiques. Elle optimise à la fois la créativité et l’intelligence collective et booste l’innovation au sein de l’équipe.
Cette approche permet aussi de lancer un produit ou service innovant avec un coût minime limitant la prise de risques. Néanmoins, pour réussir le design sprint il faut établir un plan minutieux, déterminer le pourquoi et le comment et connaître vos besoins.
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